Entretien avec Aimé Ndjikessi (promo 2011)

Pour débuter, pourrais-tu te présenter à nos abonnés ?

Je m’appelle Aimé Ndjikessi, j’ai 26 ans et j’ai obtenu mon bac E.S à Fustel en 2011..le temps passe tellement vite.

Je garde globalement un bon souvenir de Fustel, on ne s’en rend pas forcément compte lorsque l’on est sur place mais ce lycée dispense vraiment une formation de qualité et a un corps professoral qui se soucie de la réussite de ses élèves. Ce n’est pas le cas partout…

D’ailleurs en parlant de souvenir, un particulier pour moi est le jour des résultats du Bac, les résultats affichés sur la fenêtre du CDI, les cris, les larmes, les t-shirts enlevés et surtout la délivrance que cela signifiait !

Nous sommes curieux de savoir, sur quel chemin t’aura porté le vent de cette délivrance ?

Alors, j’ai choisi la profession comptable par la force des choses et la reproduction sociale. Mon père était expert-comptable donc j’ai suivi cette voie un peu par mimétisme..

C’est d’ailleurs une chose à ne SURTOUT PAS FAIRE, j’y ai bien trouvé mon compte au final car j’avais les capacités pour, mais j’aurais très bien pu ne pas réussir mes études..

Pour autant, je ne suis pas allé jusqu’au métier d’expert-comptable car mon expérience professionnelle en tant qu’auditeur et les stages que j’ai effectués avant m’ont permis de me rendre compte que je voulais autre chose qu’être expert-comptable, et que le quotidien de ceux que j’ai rencontrés dans cette profession ne m’inspirait pas, bien que j’ai beaucoup de respect pour ce métier et pour ceux qui le font.

Ce faisant, que fais-tu actuellement et pourquoi avoir fait ce choix ?

J’ai fait le choix de mettre ma carrière entre parenthèses pour intégrer le Master Spécialisé intitulé « Strategy & Management of International Business » de l’ESSEC. Il s’agit d’une formation de haut niveau qui a pour finalité de préparer les étudiants au monde du conseil en entreprise. Aujourd’hui à mi-parcours dans la formation je ne regrette absolument pas mon choix, je côtoie au quotidien des étudiants de grande qualité, beaucoup par exemple viennent de l’étranger et je trouve cela vraiment stimulant. De plus, puisque je me destine à être un manager dans un environnement international, je n’aurais pas pu rêver meilleur environnement.

En termes de tâches, nous avons beaucoup de travaux de groupe à effectuer et de présentations orales à délivrer. L’ESSEC propose en plus de la palette technique, une véritable aventure humaine dans laquelle la notion de groupe et d’équipe est omniprésente. Enfin, les débouchés de cette formation sont réelles et me permettront, je l’espère, de pouvoir m’orienter dans un grand groupe et plus précisément dans le domaine des fusions acquisitions.

Ce choix émane de discussions que j’ai eues avec des amis étudiants en Grandes écoles et du fait que j’ai pu voir le manque d’opportunités auquel on fait face lorsque l’on n’est pas issue de certaines écoles. De plus, j’arrivais à un moment de ma vie où je voulais faire autre chose. Mon avenir professionnel est certes encore loin d’être fixé, mais du fait de cette nouvelle compétence que j’acquiers, les opportunités sont plus diverses et excitantes. Je pense travailler dans le domaine du conseil en stratégie ou des fusions acquisitions d’ici un peu moins d’un an à Paris, à New York ou à Singapour, tout dépendra des opportunités.

Nous sommes en Janvier, début de période fiscale pour nombre d’entreprises, en tant qu’auditeur mais qui est à présent en rupture, cette période ne te manque-t-elle pas ?

La période fiscale c’est une période de grand rush pour les comptables et auditeurs. Pour les uns il faut établir les documents comptables en vue des assemblées générales et pour les autres il faut contrôler la véracité de ces documents comptables. C’est une période très formatrice, challengeante et intense mais qui ne me manque pas beaucoup notamment parce qu’elle est très fatigante et stressante. Cela dit, je retrouverai ce genre de période de rush dans les futurs postes que j’occuperai car finalement, on a rien sans rien. 

C’est paradoxal, mais mes deux meilleures expériences étaient sur deux continents opposés. Il y a d’un côté, la difficulté de la vie à Genève, contrastant avec le faste du palais des Nations et de l’autre la douceur de la vie au Congo. Cependant, le point commun entre ces deux expériences, c’est qu’il s’agissait de grandes entreprises où les processus étaient standardisés et les gens compétents dans leurs domaines.   Pour moi, le continent n’a pas d’impact sur le bien-être, c’est plutôt la manière dont l’entreprise est organisée qui prime.

Bien que tu ne vives plus cette période intense, tu restes tout autant actif sur le plan social puisque tu apprécies t’impliquer dans des activités de vie associative, que représentent ces investissements à tes yeux ?

Malheureusement j’ai dû quitter le bureau de l’ALFY compte tenu de mes contraintes d’emploi du temps mais je reste très engagé au niveau associatif en effet et cette fois-ci à l’ESSEC. Je pense sincèrement que dans ce monde où on pense tous énormément à nos carrières, il ne faut jamais perdre de vue les valeurs humaines. Il y a de vrais sujets qui me tiennent à cœur tels que la lutte contre la pauvreté, les discriminations, les agressions sexuelles envers les femmes ou et les inégalités. L’associatif représentera toujours un sujet important pour moi et cela même dans ma vie professionnelle et si un jour je n’arrive plus à dégager du temps pour cela, alors j’occuperai une fonction qui me confrontera à ces sujets. Pour répondre à la question en une phrase, ces investissements sont pour moi une manière d’avoir un impact sur le monde à mon niveau.

En outre, il ne faut pas avoir peur d’essayer des choses nouvelles et surtout il faut voyager si on en a l’opportunité. Le chemin parcouru n’aurait pas de valeurs sans tous ces gens que j’ai pu rencontrer que ce soit à Fustel, ici, ou ailleurs. Mais, ce chemin parcouru est encore bien long et il faut constamment se fixer des objectifs pour ne pas l’oublier.

Enfin, à l’égard de futurs ou actuels étudiants en audit/comptabilité ou à l’égard de personnes dans la vie active qui souhaiteraient faire une pause dans leur carrière professionnelle, par quels conseils conclurais-tu l’interview ?

Aux étudiants : VOYEZ PLUS GRAND ! Ces professions sont en train de changer et continueront à changer à l’avenir donc considérez ces métiers comme des étapes vers d’autres fonctions. En termes de diplôme, le DCG ou le master CCA donnent de très bonnes compétences techniques utilisables même dans une autre filière que la filière comptable. 

Aux travailleurs qui voudraient faire une pause, je dis PLANIFIEZ ! Une parenthèse dans une carrière ça s’anticipe, en termes de financement de la formation et du coût de la vie pendant cette pause. De plus, si vous souhaitez retourner sur les bancs de l’école (et je l’espère pour vous, de GRANDES ECOLES), il faut avoir une réelle détermination et un vrai projet professionnel pour que le gain soit réel. Posez un maximum de questions à ceux qui ont fait cela avant, posez-vous des questions à vous même sur ce que vous voulez pour votre vie et une fois que tout cela sera fait, VAMOS ! 

Il ne faut jamais cracher sur une opportunité de se former et je vous y encourage sincèrement.

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