Entretien avec Emilie Jeannée (promo 2011)

Le Cameroun, la Belgique, le Sénégal, le Canada…autant d’étapes qui auront marqué le parcours d’Emilie JEANNÉE et lui auront permis de trouver sa voie professionnelle en restant toujours à l’écoute de son cœur.

Es-tu là où tu te voyais être au sortir du lycée et où te vois-tu dans les cinq prochaines années ?

Un jour, mon père m’a dit un chose : « Dans la vie privée comme dans la vie professionnelle, tous les plans sont faits pour être défaits ». Cette phrase m’a beaucoup marquée et ceci pour dire que c’est bien d’avoir un plan, mais c’est important de savoir rester flexible et savoir prendre en considération les nouveaux paramètres qui rentrent en jeu et qui n’existaient pas lors de l’élaboration du plan de base. Les plans servent à donner une direction, une dynamique, mais la réussite de tout projet réside dans la capacité de chacun à gérer les imprévus et à saisir les opportunités.

Donc NON… Aujourd’hui je ne suis pas du tout là où je m’imaginais être quelques années après avoir quitté le lycée, mais je suis tout aussi contente du résultat. Et de savoir où je me vois dans les 5 prochaines années, je ne sais pas non plus. La seule chose qui est sûre pour moi, c’est que je retournerai au Sénégal pour m’y installer définitivement. On verra bien quand l’opportunité se présentera.

A présent, que fais-tu ?

Ça va maintenant faire plus d’un an que je travaille en tant que consultante SAP dans un bureau de conseil dont les clients sont principalement des fournisseurs d’eau et d’énergie (qu’on appelle aussi les utilitaires). Mon travail relève du domaine informatique mais j’interviens essentiellement à un niveau fonctionnel. Mon rôle est de traduire les besoins métiers du client en spécifications techniques pour mettre en place des solutions adaptées avec des développeurs. Cette fonction correspond pleinement à ma formation de base car je fais bien le pont entre les aspects techniques et commerciaux permettant à l’entreprise d’exercer son activité.

Quel parcours as-tu suivi pour ce faire ?

Après avoir obtenu mon bac S en 2010 au lycée Fustel de Coulanges, je suis allée en Belgique pour y faire mes études supérieures. A la base, j’avais toujours été intéressée par la médecine, mais je voulais avoir un travail qui me permettait de voyager assez facilement. C’est pourquoi je me suis finalement tournée vers des études d’Ingénieur Commercial dispensées par l’ICHEC Brussels Management School. Cette formation de 5 ans a pour objectif de former de futurs consultants, entrepreneurs et gestionnaires d’entreprises grâce à un programme couvrant à la fois les aspects techniques et commerciaux liés aux entreprises. De la chimie industrielle, en passant par l’informatique, à la recherche opérationnelle, au marketing, à la comptabilité et j’en passe, ces études ont été très formatrices tant sur le fond que sur la forme.

Après avoir fini mes études, je n’ai pas voulu commencer à travailler directement. J’ai voulu me faire plaisir en approfondissant mes connaissances autours d’une de mes passions : le maquillage. J’ai donc suivi une formation de 6 mois à la Make Up for Ever Academy me certifiant maquilleuse professionnelle (comme quoi, on peut être ingénieur et maquilleuse à la fois. Il faut juste le faire 😉).

Quelle suite après cette formation ?

Après mes formations, j’ignorais ce que je voulais faire niveau boulot, considérant le maquillage comme une activité complémentaire. J’ai voyagé un peu, je suis retournée dans mon pays d’origine, le Sénégal, où j’ai fait un stage de plusieurs mois dans une agence d’études de marché. Ça a été mon premier contact avec le monde du conseil et j’ai ADORE. Ce qui m’a plu dans cet univers, c’est la diversité des projets. On sort du cadre monotone du boulot où on répète très vite les mêmes choses. Là ça bouge souvent et le challenge est permanent, on apprend beaucoup de choses du coup ça reste stimulant. Après ce stage je suis allée au Canada pendant un an et j’y ai travaillé dans la vente avant de revenir près de ma famille en Belgique.

Pourquoi avoir choisi la Belgique dans un premier temps ?

Étant belge, issue d’une Haute école belge (dont le niveau des études est très bon et très exigeant), il faut savoir que j’ai des vrais avantages à être en Belgique. Les packages salariaux sont généralement intéressants et comprennent différents avantages comme la voiture de fonction à usage personnel avec carte essence par exemple. La couverture sociale y est aussi très bien et la vie dans le pays est agréable même s’il fait souvent gris et qu’il pleut presque tout le temps… Pour se consoler on a quand même les meilleurs frites, le meilleur chocolat, les meilleures gaufres et des bières pour ceux qui aiment ça. 😉Je pense que le plus ironique c’est que je n’avais préparé aucune étude de cas pour mes entretiens (ceux qui sont dans le monde du conseil comprendront à quel point c’était suicidaire). D’ailleurs fun fact, 2 ans après j’ai eu à organiser ce même séminaire (rires)

Plus sérieusement , je pense que l’étroite relation entre les entreprises et les écoles de commerce permet réellement aux étudiants d’être exposés à de nouveaux métiers, de nouvelles disciplines et de très belles opportunités.. Et je pense qu’il est vraiment là, le principal atout.

Un projet ou une passion qui te tient à cœur que tu voudrais partager avec nous ?

Des projets qui me tiennent à cœur…. Il y en a beaucoup… tellement… que je ne sais pas pour ou commencer. D’un côté j’envisage de me concentrer un peu plus sur le maquillage et pourquoi pas organiser des sessions d’apprentissage car on m’en demande souvent.

Et d’un autre côté, j’ai aussi envie de rentrer au Sénégal pour participer au développement des localités (à petite échelle). Pour cela, j’aimerai voyager dans les sous régions du pays et trouver le moyen de mettre en place des solutions permettant de répondre aux défis locaux en s’inspirant du concept d’économie circulaire qui, selon moi, apporte des réponses viables et durables aux enjeux à la fois environnementaux, économiques et sociaux actuels (c’était le sujet de ma thèse de Master).

Des conseils de fin ?

Si j’avais un conseil à vous donner, c’est de faire des choses qui vous mettent au défi et qui vous plaisent. Dans tout ce que vous entreprenez, concentrez-vous sur ce qui peut vous apporter une valeur ajoutée dans votre vie et pas uniquement dans votre travail.

Aussi, ne considérez jamais l’abandon comme une option. C’est souvent normal de préférer la facilité mais il ne faut pas oublier que l’on a toujours le choix et les capacités d’atteindre nos objectifs peu importe le temps et les difficultés. La vie ce n’est pas une course, et rappelez-vous que tout ce que vous faites, vous le faites pour vous avant tout.

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