Entretien avec Gilles Loïc Djayep (promo 2012)

Sa volonté d’apprendre de façon continue et de faire des choses qui créent de la valeur sont les deux principaux éléments ayant influencé la plupart des choix de vie et donc de parcours de Gilles Loïc DJAYEP. Entre autres choix, en 2018 sous l’impulsion de sa passion naissante pour le conseil en stratégie, il lance House of Case avec l’aide de son ami Vincent Romano et sur les conseils de son autre amie Inès. House of Case est une plateforme qui permet aux étudiants issus de différentes écoles de commerce et d’ingénieurs préparant des entretiens de conseil à trouver facilement des partenaires de cas. 

Comment est venue l’idée d’House of Case ?

Rentrer dans les meilleurs cabinets demande beaucoup (beaucoup) de préparation ; et pour bien se préparer, il est vivement recommandé de s’entrainer avec d’autres personnes. Il y a trois raisons qui ont été à l’origine de la création de cette plateforme : 

  • Premièrement, j’ai compris en m’intéressant aux entretiens de conseil en stratégie que c’était absolument essentiel d’avoir des partenaires de cas de qualité avec qui travailler, et avec si possible des qualités complémentaires aux nôtres ; d’où l’idée de cibler les écoles de commerce et d’ingénieur + sciences po. 
  • Deuxièmement, je me suis dit qu’il serait intéressant de mutualiser les ressources entre les différentes écoles. 
  • Et enfin, j’y voyais l’occasion pour chaque étudiant d’élargir aussi son réseau à d’autres écoles.
  • Mon ambition à long terme c’est qu’il y ait de plus en plus d’étudiants qui s’abonnent. C’est d’ailleurs pour ça qu’avec Vincent on travaille sur une V2 qui on l’espère va plaire à encore plus de nos cible.

Quel est ton parcours ?

En ce qui concerne mon parcours académique, après avoir obtenu mon baccalauréat S à Fustel en 2012, j’ai choisi la France pour son système de classes préparatoires premièrement parce que j’aimais bien l’idée de continuer à faire des maths et deuxièmement parce que j’avais entendu dire que la prépa était difficile, mais personne n’arrivait à me dire en quoi c’était difficile ; c’est donc par curiosité et par mon goût pour le challenge que j’ai choisi cette voie. A la suite de cette belle expérience, j’ai intégré l’École Spéciale des Travaux Publics de Paris (ESTP Paris) pour une principale raison qui est que j’ai toujours eu à cœur de contribuer au développement du continent africain (et du Cameroun) et je voyais alors le fait d’avoir de la culture scientifique dans le domaine de la construction et des énergies comme une première étape intéressante dans la réalisation de cet objectif. Ensuite, mon envie d’apprendre de nouvelles choses et donc d’être polyvalent, a fait que j’ai décidé d’intégrer l’ESSEC dans le programme Grande École que je termine l’année prochaine. Je suis alors content d’y avoir appris plusieurs choses comme : la finance, le marketing, la stratégie, la négociation et beaucoup d’autres choses.

Pour ce qui est de mon parcours professionnel, j’ai effectué deux expériences significatives.

La première a duré 6 mois dans une entreprise française qui conseille des fonds d’investissement étrangers (allemand, espagnol, britannique, coréen,…) qui souhaitent investir dans l’immobilier tertiaire à Paris ; c’est à dire les immeubles de bureaux. Exemple d’investissement : investir dans une tour à la Défense. J’étais alors en charge d’analyser la pertinence d’investir dans un actif immobilier.

La deuxième expérience, la plus récente, a duré également 6 mois et je l’ai effectué en banque d’affaires à Paris, en tant qu’analyste stagiaire en fusions acquisitions (M&A). Cette practice fusions acquisitions est celle qui conseille des entreprises dans leurs démarches de fusion, d’acquisition et de cession. Par exemple, disons que l’entreprise Dangote Cement cherche à croître en se développant dans le secteur de l’énergie solaire ; on va alors lui présenter des cibles intéressantes à acquérir dans ce secteur, en mettant en avant leur business model et leurs éléments de valorisation (ce qui signifie, qu’on estime à quel prix Dangote pourra acquérir ces cibles).

Ma prochaine expérience professionnelle sera en conseil en stratégie en Afrique. J’ai fait ce choix du conseil en stratégie pour 3 raisons :

  • Premièrement pour sa pluridisciplinarité tant d’un point de vue fonctionnel que sectoriel ; car par exemple on peut conseiller aujourd’hui le Gabon sur l’amélioration de son système éducatif, demain on peut conseiller LVMH sur son plan de croissance et après-demain aider Total à baisser ses coûts. 
  • Deuxièmement, j’aime l’idée de travailler sur différents projets avec différentes personnes plutôt brillantes, car c’est l’occasion d’apprendre beaucoup.
  • Troisièmement, faire ce métier c’est l’occasion de faire des choses qui ont de l’impact et qui créent de la valeur ajoutée à une entreprise ou à un pays.

    J’ai choisi de le faire en Afrique parce que j’y voyais une opportunité de contribuer au développement du continent, dans la mesure où j’aurai l’occasion de travailler sur le développement de plusieurs pays d’Afrique.

  • A part House of Case, es-tu investi dans d’autres initiatives associatives pour alimenter cette passion pour le conseil en stratégie ?

    Effectivement le conseil en stratégie est le métier qui me passionne, et le fait que je fasse partie de la merveilleuse association qu’est l’ESSEC Consulting Club (ECC) et que j’ai créé House of Case sont liés à mon intérêt pour cette discipline. Si j’ai d’ailleurs décidé d’être à la présidence de ECC c’est parce que je crois que c’est une association qui peut avoir un impact clair sur la préparation aux entretiens en conseil des étudiants de l’ESSEC. Le conseil représentant pas loin de la moitié des choix de carrière des étudiants de l’école, avec ECC on pourrait alors avoir un réel impact sur le parcours des étudiants. J’ai vraiment à cœur de mener à bien ce projet, et ce avec les autres membres brillants de l’association. 

    Gilles (ou Loïc) ce n’est pas que le conseil en stratégie mais c’est aussi ?

    La mode. Et je dirai que cette passion me vient d’abord du fait que je suis très curieux, j’aime vraiment l’idée de faire plusieurs choses, de découvrir de nouvelles choses ; et ensuite du fait que j’ai toujours eu une certaine appétence pour la mode, j’ai toujours aimé être bien habillé. C’est pour ces deux raisons qu’il y a 2 ans j’ai décidé de me lancer sérieusement si je puis dire sur Instagram (mon pseudo c’est : « le.mv » 😉 ). En me lançant, mon idée était de faire matcher mes tenues avec les lieux où j’effectuais mes shootings. Ainsi, les gens pourraient à la fois découvrir des outfits intéressants et découvrir les endroits stylés de Paris. Je me suis d’ailleurs donné comme objectif de me faire sponsoriser par une marque de vêtements. Qui sait, peut-être un jour vous me verrez sur les affiches de Ralph Lauren (rires).

    Et l’Afrique dans tout ça ?

    En lien avec mon attachement au continent africain (Cameroun my love), j’ai eu l’idée de fonder l’association africaine de l’ESTP à la fin de ma première année. Je m’étais alors entouré d’une équipe d’une dizaine de personnes vraiment au top. En fondant cette association j’avais un double objectif : faire découvrir la culture africaine aux étudiants de l’école, et permettre aux étudiants de trouver des opportunités de stage/emploi en Afrique. D’ailleurs, si je peux vous faire une confidence, je pense que c’est l’un des projets dont je suis le plus fier. Je suis très touché quand je vois aujourd’hui qu’il y a plusieurs dizaines de personnes aux cours de danse que l’association organise.

    Des conseils de fin ?

    Mes conseils, et je le dis vraiment en toute humilité parce que je crois que ça peut vraiment aider, seraient les suivants : Vouloir vraiment ce que vous ambitionnez de faire et Croire. Ces deux conseils portent avant tout sur le mental parce que je pense que c’est là que tout se joue si on a envie de réussir des choses. Premièrement, je mets l’accent sur vouloir car c’est une volonté profonde qui va vous aider à atteindre ce dont vous rêvez. Sans volonté, vous ne pourrez pas mettre l’intensité qu’il faut pour atteindre les beaux objectifs que vous vous êtes fixés. Il faut tellement VOULOIR cette chose que vous êtes prêt à beaucoup (beaucoup) travailler et à sacrifier des choses, dont son temps de loisir (les réseaux sociaux ça compte comme loisir). J’aime bien utiliser une citation de la légion étrangère, « Entrainement difficile, Guerre facile ».

    Le deuxième point sur lequel j’insiste c’est croire, et qui inclut deux éléments à savoir : premièrement le fait de croire en quelque chose de plus grand que vous, c’est à dire avoir la foi en Dieu (peu importe la religion/spiritualité) car ça aide vraiment (vraiment) beaucoup de prier ; et deuxièmement le fait de croire en vous. Je parle vraiment de croire, pas de juste espérer. Dites-vous que les personnes qui sont actuellement où vous souhaitez vous retrouver ne sont pas des « surHommes », des extra-terrestres, et qu’il n’y a pas de raison que vous n’ayez pas la même chose. Ces personnes-là « ne croquent pas le fer » comme on dit au Cameroun. Ma mère, à qui je dois énormément car elle me coachait quand j’étais plus jeune, pour me pousser à donner le max pour mes cours me répétait souvent « les gens qui ont 20 sur 20 là ce sont les qui ? pourquoi pas toi ? ». C’est une phrase qui raisonne régulièrement dans ma tête à chaque fois que je me lance un nouveau défi. Ce qui fait que peu importe la chose dans laquelle je me lance je ne me mets absolument aucune barrière car je crois fermement que si d’autres l’ont fait, je peux le faire aussi. Donc, croyez en vous et travaillez assidûment. Travailler dur et penser positivement ça marche. l faut sortir de sa zone de confort pour vivre dans le confort.

    Le conseil bonus que je donnerais c’est d’être altruiste, faites le bien ; ça fait du bien à l’esprit ;).

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