Entretien avec Julien Kemajou (promo 2012)

Ancien élève non pas d’un mais de 2 lycées français au Cameroun (Fustel de Coulanges à Yaoundé et Dominique Savio à Douala), c’est au sein de ces 2 établissements que Julien KEMAJOU affirme avoir y avoir vécu les plus belles expériences de sa vie, appris de grandes leçons et gagné plus de 70% de son réseau de contacts actuel. Diplômé du lycée Dominique Savio, il s’est orienté vers des études en école de commerce et parallèlement, il s’est lancé en tant qu’entrepreneur.

D’où est venu ce déclic pour l’entrepreneuriat ?

Je dirai ma première initiative entrepreneuriale : j’avais 16 ans et j’étais en classe de Première STMG à Savio et j’ai créé la marque de vêtements Camerprints visant à confectionner des vêtements parés de motifs africains (camerounais en particulier) qui étaient ensuite vendus aux jeunes de ma ville. Une belle première expérience qui fût également prospère pour un jeune de 16 ans mais à laquelle j’ai dû mettre fin car mes parents souhaitaient que je me concentre sur mes études sans me disperser. Cette première expérience est donc le déclic qui a motivé cette grande ambition que je nourris actuellement : réussir ma vie et devenir un grand opérateur économique de mon pays.

Quel est ton parcours ?

Après le lycée, le parcours que j’ai suivi a été plutôt classique : après avoir obtenu un bac STMG au Lycée Dominique Savio et motivé par l’envie d’intégrer une grande école de commerce, j’ai passé le concours sésame qui m’a permis d’intégrer le programme international Bachelor Business & Administration de l’école de commerce Kedge Business School à Marseille. À présent, je me réoriente vers un autre cursus et en parallèle de mes études j’ai rejoint l’entreprise familiale (Groupe Protes) que j’assiste dans le domaine du marketing et de l’innovation.

Peut-on en savoir plus sur le Groupe Protes ?

Il s’agit d’une entreprise familiale fondée par mon père en 1998 pour lutter contre l’insécurité et le banditisme au Cameroun. Ainsi, les principaux services proposés sont la sécurité humaine, le gardiennage, la protection rapprochée, la sécurité cynophile. Le Groupe emploie plus de 400 employés et est présent dans les villes de Douala, Yaoundé, Bangangté et Ngaounderé. Aujourd’hui, le Groupe cherche à se diversifier à travers le développement de nouveaux services tels que la gestion de flotte, la géosurveillance des véhicules, la télésurveillance, la sécurité électronique, la géolocalisation des objets et des enfants, la surveillance aérienne et le conseil en gestion de risque.

En ce qui me concerne, j’ai rejoint le groupe cette année après avoir manifesté mon intérêt a mon père pour contribuer au développement des activités et à l’image du groupe. Il m’a accordé sa confiance et m’a confié certaines responsabilités dans le domaine du marketing et de l’innovation. Ce faisant, j’ai initié un nouveau programme de R&D et innovation (Protes Vision 2023) pour proposer des nouveaux services de sécurité liés aux nouvelles technologies. En quelques mots, le Groupe a pour ambition de devenir le leader au Cameroun dans le secteur de la sécurité privée, de la sécurité électronique et de la géo surveillance des biens et des personnes. 

Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter nos activités et services sur notre site internet : www.protescompany.com

A la suite de Camerprints, as-tu réalisé une autre initiative entrepreneuriale ?

En octobre 2015 avec 2 amis, Marvin Bissohong (également ancien élève du lycée Fustel de Coulanges) et Chancel Gantsui, nous avons fondé Africa International Consulting (AIC), un jeune cabinet d’apporteur d’affaires, d’intermédiation et de lobbying en Afrique centrale.

AIC naît de la volonté et de l’ambition de créer une structure qui, forte du réseau de ses fondateurs dans les sphères politique et économique dans la sous-région CEMAC, permettra la facilitation, et l’intermédiation en affaires de tous ceux qui voudront investir en Afrique, créer des entreprises, gagner des marchés, trouver des partenaires locaux, rencontrer les décideurs, etc. Nos missions consistent à :

  • Accompagner nos clients dans la réalisation de leurs projets en Afrique
  • Mettre en relation nos clients avec les décideurs de leurs choix
  • Attirer les investisseurs internationaux vers l’Afrique et promouvoir les avantages et les opportunités d’affaires dans ces pays d’Afrique
  • Conseiller nos clients et définir avec eux la meilleure stratégie d’approche du marché africain
  • Assurer le lobbying nécessaire à la réalisation des dossiers de nos clients
  • Entre 2015 et aujourd’hui nous avons permis la mise en relation d’une dizaine de nos clients et partenaires avec des décideurs importants de la sous-région, nous sommes devenus en 2017 le partenaire local de deux grandes entreprises américaines RJ LEE GROUP et Tetra Tech (coté à la bourse de New York) dans le cadre d’un projet de vente de véhicule de surveillance destinés aux armées et aux forces de l’ordre. Nous avons eu à effectuer plusieurs missions aux États Unis avec des hauts officiels de l’armée camerounaise avec l’accord du Président de la République, nous sommes devenus un partenaire du ministère de La Défense. Nous travaillons également avec la Présidence de Guinée Équatoriale et les autorités du Congo-Brazzaville, nous avons pu réalisé des transactions dans le domaine du bois et de l’or au Cameroun. Entre 2015 et aujourd’hui, nous avons développé un bon porte-feuille clients/partenaires et aujourd’hui nous avons plusieurs dossiers en cours qui vont se concrétiser dans un avenir proche.

    Notre ambition chez Africa International Consulting est de devenir dans les 10 prochaines années un cabinet de lobbying de référence en Afrique. Développer des partenariats avec d’autres multinationales et contribuer à la réalisation de projets qui contribueront au développement économique, social et culturel de notre sous-région.

Avez-vous rencontré des difficultés particulièrement au moment du lancement ou pendant vos activités ?

Les plus grandes difficultés qu’on rencontre dans la gestion de nos projets sont premièrement les lenteurs administratives dans les pays de la sous-région, la corruption dans les administrations. Notre jeunesse a aussi été souvent un frein dans certaines situations et un avantage dans d’autres. Le manque de confiance des entreprises étrangères à notre écosystème des affaires, et les mentalités de nos dirigeants ont également été des obstacles dans la gestion de nos projets et dossiers.

Des conseils de fin ?

Honnêtement, je n’ai ni la légitimité, ni la notoriété ou les références pour me permettre de donner de véritables conseils, toutefois en me basant sur ma petite expérience personnelle ce que je recommanderai simplement de croire en soi, d’essayer tout simplement, de toujours tenter sa chance. Si ça ne marche pas retenez les leçons apprises et réessayez différemment. Ainsi de suite jusqu’à ce que vous atteigniez vos objectifs.

La persévérance, la détermination, la patience et l’ambition seront les clés pour faire bouger les choses dans votre vie.

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