Entretien avec Olivia Sikali (promo 2012)

Olivia SIKALI est depuis 2019 diplômée de l’université d’Ottawa en droit des affaires. Expérience de formation d’autant plus enrichissante puisqu’elle a été pendant son parcours, la première étudiante de première année à décrocher le poste coordonnatrice du PFPD (Programme de Formation Pré-droit), un programme d’équité scolaire financé par le Ministère de la Justice du Canada et mis en œuvre au sein de la Faculté de droit.

Quel est ton parcours ?

Mon baccalauréat ES en poche en 2012, je me suis dirigée vers l’université de Montréal où j’ai obtenu un Bachelor bidisciplinaire en Économie et Politique. Ensuite j’ai été admise en droit à l’université d’Ottawa, où en trois ans j’ai complété un Juris Doctor, qui est le diplôme nécessaire pour être avocat aux États Unis et dans les provinces anglophones du Canada.

Pourquoi ce choix de spécialité pour ton Bachelor ?

Le choix d’un Bachelor en Économie et Politique s’est fait naturellement puisque j’avais obtenu un bac ES. Je voulais maîtriser le fonctionnement des marchés financiers, les principes d’investissement et de rentabilité etc. J’ai rajouté le volet Politique par simple curiosité intellectuelle et parce qu’un programme bidisciplinaire me donnait plus de flexibilité en ce qui concerne mes choix de cours. Avec du recul, je crois réellement que les notions apprises pendant cette période à l’université de Montréal m’ont apporté une profonde compréhension du monde.

Il n’est pas atypique de poursuivre ses études après l’obtention d’un Bachelor puisque ce diplôme permet d’intégrer le monde professionnel. Cela n’a pas été ton cas, pourquoi ?

Juste après l’obtention de mon Bachelor, j’ai reçu une offre pour un poste de conseiller financier dans une entreprise montréalaise. J’étais à deux doigts d’accepter, même si au fond ça ne m’intéressait pas tellement. J’avais choisi ce domaine d’études pour le plaisir d’apprendre, mais ses perspectives d’emploi ne me correspondaient pas. Même si j’avais toujours voulu être avocate, à ce stade, je me disais « J’ai déjà fait 4 ans d’université, on m’offre un bon poste…why not ? Je n’ai qu’à faire ça un an ou deux et je pourrai toujours aller en droit plus tard. ». Je me souviens que j’en avais discuté avec mon frère et c’est lui qui m’a convaincue qu’il valait mieux suivre mon plan initial en intégrant tout de suite un programme d’études en droit. (Don’t remind him though, he’s going to brag about it .. lol)

Je sais aujourd’hui que c’était la bonne décision : Don’t settle, always go for what you really want ! 

Peux-tu nous en dire plus sur cette période à l’université d’Ottawa ?

Mon séjour à la faculté de droit de l’université d’Ottawa a été tout simplement incroyable. J’ai rencontré des collègues inspirants, des personnes brillantes, ambitieuses, sélectionnées parmi les meilleurs pour intégrer ce programme élitiste. C’était véritablement un honneur de pouvoir évoluer dans cet environnement stimulant. Dès la fin de ma deuxième session en droit, j’ai décroché le poste de Coordonnatrice du PFPD (Programme de Formation Pré-droit), un programme d’équité scolaire financé par le Ministère de la Justice du Canada et mis en œuvre au sein de la Faculté de droit. C’était la première fois depuis la création du programme qu’une étudiante de première année se voyait confier ces fonctions. Je vous avoue que ce poste a été pour moi un vrai challenge sur plusieurs aspects, mais il m’a surtout permis de développer un grand sens du professionnalisme.

Pour ne rien vous cacher, si je devais retenir une seule chose de mon passage à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa, ce serait le partage d’expérience d’enseignants absolument remarquables : des avocats chevronnés qui ont su me transmettre la passion du métier. J’ai eu le privilège de travailler à leurs côtés en tant qu’assistante de recherche et assistante à l’enseignement à de nombreuses occasions durant mes deuxième et troisième années. 

Aujourd’hui, je suis vraiment reconnaissante pour toutes ces personnes exceptionnelles qui ont cru en mon potentiel et qui m’ont donné l’occasion d’apprendre à leurs côtés.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Au cours des prochaines années, je compte me familiariser à différents domaines de pratique : le droit des affaires m’attire énormément, mais je tiens également à développer une expertise dans des domaines dits de droit communautaire (droit criminel ; droit de l’immigration et des réfugiés; droit de la famille ) afin d’avoir en main tous les outils nécessaires pour intervenir auprès des plus vulnérables. Aussi, j’ai découvert une passion pour l’enseignement en travaillant entant que tutrice de cours à l’université. C’était un tel sentiment de fierté de voir mes étudiants s’améliorer ! C’est vraiment un domaine que je souhaite explorer dans le futur.

Sur une note plus personnelle, pendant mon temps libre j’agis comme mentor auprès des jeunes filles de ma communauté. C’est un rôle qui me tient à cœur et me pousse à devenir meilleure. Je suis également responsable d’un programme de bénévolat au sein de mon église, programme que j’ai mis sur pied avec mon équipe peu de temps après mon arrivée à Ottawa il y a trois ans. Par ailleurs, je suis fan de danse latine. J’aime beaucoup la salsa! Hélas, je commence à me demander si cet amour sera un jour réciproque .. (haha the struggle is real).

Le mot de la fin, comment définirais-tu ton parcours pour inviter des plus jeunes à s’en inspirer ?

3 mots : Identité, Vision, Grâce

Identité. Le choix de ton domaine d’études est le premier d’une série de décisions importantes que tu devras prendre au cours ta vie d’adulte. Ce qui doit orienter ces décisions c’est d’abord ton identité, c’est pourquoi je te suggère de prendre à cœur l’injonction socratique « connais-toi toi-même ».

Vision. Surtout lorsque tu t’embarques dans de longues études, c’est très important de développer une vision de ce que tu souhaites accomplir. Au fil du temps et plus tu apprends à te connaître, plus ta vision va se préciser. Si tu protèges cette vision et agis en cohérence avec elle, tu la verras s’accomplir. Sans vision, ton parcours devient celui d’une feuille morte, ballotée au gré des circonstances et des opinions des autres.

Grâce. Tu dois savoir que deux personnes peuvent avoir le même niveau d’intelligence et travailler aussi fort l’une que l’autre, mais ne pas obtenir les mêmes résultats. Ce qui va faire la différence, l’arme secrète, c’est la grâce : «Fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire.» Psaumes 37:4

Articles récents

Consulter nos autres articles

Le monde de la communication comporte de nombreuses composantes et il peut y être difficile de trouver son domaine de « prédilection ». Hélène Cuny s’entretient avec…

Gaëlle Onana est ancienne élève, promotion 2010, du lycée Fustel de Coulanges. Formée pour exercer dans le journalisme, elle a notamment été Journaliste Reporter pour…

Jean-Wilfried Kemajou a quitté le lycée Fustel de Coulanges en classe de 4ème en 2012 pour intégrer par la suite le lycée voisin Dominique Savio…