Entretien avec Sydney Owona (promo 2010)

10 ans se sont écoulés depuis que Sydney OWONA a obtenu son baccalauréat au lycée Fustel de Coulanges. Durant cette décennie, le parcours qu’il a suivi fût assez atypique puisque les études qu’il a suivies ne le prédisposait pas à occuper métier d’auditeur financier.

Quel est ton parcours ?

J’ai suivi un parcours assez atypique. Mon intérêt pour la finance et la chose juridique m’a poussé à faire la licence d’Administration Générale et du Territoire option droit public à l’université de Bordeaux IV. En effet, ne sachant pas quoi choisir entre l’économie et le droit j’ai opté pour la transversalité. Après ma Licence, j’ai passé les concours des écoles de commerce, car je ne souhaitais pas faire un master en droit public ou intégrer celui de science politique. Alors, j’ai intégré l’ICN Business School Nancy suite à un concours et en fonction de mon score au TAGE-MAGE. J’ai choisi cette école, car un ancien de Fustel y était déjà, de par sa position géographique à l’est de la France et son classement à l’époque. Par la suite, j’ai effectué un double diplôme en droit des affaires européennes/internationales et le programme Grande École avec une spécialité en « Risk Management ». Cette dualité remplissait mon besoin de transversalité et me permettait de prétendre au titre de juriste via cette formation proposée par l’université de Nancy en partenariat avec mon école.

Actuellement, je suis auditeur financier chez Mazars à Luxembourg, et ce depuis déjà quelques temps. J’ai récemment changé de cabinet, mais je n’ai pas encore mis à jour mon LinkedIn (rires). L’audit consiste à donner l’assurance que les états financiers donnent une image fidèle et sincère de la réalité économique d’une entreprise. On entend, par états financiers, le bilan, le compte de résultat et les annexes.

Pourquoi l’audit ?

C’est un métier que j’aime, car je suis curieux de nature et le fait d’aller challenger la comptabilité des clients dans un environnement dynamique est plaisante.

Comment expliques-tu le fait que tu sois auditeur financier alors qu’à aucun moment dans ton parcours tu n’as choisi l’audit ou la comptabilité comme spécialité ?

Les études que tu fais sont certes importantes, mais la manière dont tu te vends, ton parcours professionnel et tes expériences peuvent tout autant te permettre d’intégrer un cabinet d’audit sans nécessairement avoir fait une spécialité audit ou comptabilité. En outre, le Programme Grande école est d’abord généraliste et les cabinets d’audit recrutent beaucoup ce type de profils, bien qu’ils ne soient ni comptables ni nécessairement spécialisés en audit. Alors, ton université ou ton école a un fort impact sur ta probable admission à ce type de poste. Vu que j’ai étudié à Nancy, je savais que la proximité favoriserait mes candidatures à Luxembourg étant donné le nombre d’anciens qui y travaillent.  

La préparation des entretiens sur le plan technique et l’explication des motivations est néanmoins indispensable. À Luxembourg, la plupart des entretiens sont d’abord techniques, il faut avoir la logique comptable, maîtriser les objectifs du métier, connaître ses définitions financières, savoir comment débiter et créditer les comptes. N’ayant pas suivi de formation purement comptable, j’ai dû travailler de mon côté pour combler ces potentielles lacunes, mais il suffit de faire des exercices de comptabilité. À force d’en faire cela s’acquiert assez rapidement et une fois acquis, c’est fort utile

Quel partage d’expérience peux-tu faire sur les expériences précédant ton poste actuel ?

Avant de me retrouver à Luxembourg, j’ai eu l’opportunité de travailler entre autres en France, au Congo mais aussi en Suisse au sein d’organismes divers et variés (PwC, Total, ONU…) au titre de stagiaire ou de salarié. J’ai déménagé 7 fois entre 2015 et 2017 ce qui dit instabilité et coûts et explique sans doute mon célibat actuel (rires). Plus sérieusement, je pense que ces expériences m’ont appris l’humilité, à m’adapter dans des conditions parfois difficiles ou encore à trouver seul les solutions adaptées.  En effet, effectuer un stage non rémunéré à Genève peut s’avérer être une expérience amère vu le coût de la vie là-bas. Néanmoins, la résilience le permettant on survit et apprend même à se réinventer. 

C’est paradoxal, mais mes deux meilleures expériences étaient sur deux continents opposés. Il y a d’un côté, la difficulté de la vie à Genève, contrastant avec le faste du palais des Nations et de l’autre la douceur de la vie au Congo. Cependant, le point commun entre ces deux expériences, c’est qu’il s’agissait de grandes entreprises où les processus étaient standardisés et les gens compétents dans leurs domaines.   Pour moi, le continent n’a pas d’impact sur le bien-être, c’est plutôt la manière dont l’entreprise est organisée qui prime.

Quel partage d’expérience peux-tu faire sur les expériences précédant ton poste actuel ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de l’échec. Une réussite se compose parfois de plusieurs échecs qui sont une force et des apprentissages. Il est aussi important de demander des conseils aux aînés et de mobiliser son réseau dans la recherche d’un stage/emploi. D’ailleurs, l’ALFY est une très belle initiative permettant de tisser les liens entre les anciennes générations et les nouvelles. 

En outre, il ne faut pas avoir peur d’essayer des choses nouvelles et surtout il faut voyager si on en a l’opportunité. Le chemin parcouru n’aurait pas de valeurs sans tous ces gens que j’ai pu rencontrer que ce soit à Fustel, ici, ou ailleurs. Mais, ce chemin parcouru est encore bien long et il faut constamment se fixer des objectifs pour ne pas l’oublier.

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